Le musée des horreurs

Un moteur rotatif parcourt, en général , moins de km qu'un moteur à piston. Ce moteur est un "mille feuille" qui nécessite d'être porté en température avec gentillesse.

Il est impératif d'attendre que la température soit supérieure à 75° avant de jouer avec, sinon les défaillances peuvent être catastrophiques. Un exemple est sur cette page.

Dans l'ouvrage édité par Mazda, il est stipulé:

"Avant que la température de l'eau atteigne 35°C... ne démarrez pas, sauf en cas d'urgence

De 35°C à 75°C... évitez les accélérations brusques et faites tourner le moteur à moins de 5000 tr/mn

De 75°C à 105°C... c'est la bonne "température"

Celui ci a ingéré les segments de sommet...et a eu des problèmes digestifs (blurp....)

Résultat: un véritable carnage, le rotor est détruit et un des flaques est sauvagement entaillé.

Sur celui-ci le chromage est aux abonnés absents et de plus le stator est cassé au niveau de la bougie.

Sur celui le flasque intermédiaire s'est effondré (manque de matière) et le circuit de refroidissement est en communication avec les lobes. Symptômes: démarrage difficile, fumée blanche et nauséabonde à l'échappement, liquide de refroidissement qui disparaît, bulles dans le vase d'expansion et propriétaire furieux

 

La même vue avec les joints, un morceau de la fonderie a disparu (paix à son âme). Ce défaut est présent sur les moteurs après 1986 quand Mazda a modifié la position des joints en les déplaçant des stators vers les flasques. Drôle d'idée. Manifestement ce stator a, de plus, un défaut de fabrication quand on voit l'épaisseur du métal sensé retenir le joint..

Le flasque est bon pour la ferraille !!!! Ce moteur n'a que 50 000 km.

Les moteurs rotatifs n'aiment pas les cycles thermiques et il faut attendre que leur température soit optimale pour commencer à tirer dessus.

Sinon, voilà ce qui arrive, les joints sont brûlés. Inutile de dire que le moteur tenait plus de la machine à vapeur que du moteur à combustion interne. A l'ouverture, l'intérieur du moteur baignait dans le liquide de refroidissement.

Ce moteur n'a que 60 000 km !!!

Pour terminer, un aperçu de l'usure des segments de sommet
(le moteur affichait 170 000 km). Le jeu entre les segments et les gorges était supérieur à 5/10 de mm. Heureusement, le faible taux de compression rendait les démarrages aléatoires et a, probablement, sauvé le moteur de la destruction complète.

Cette vue de côté montre distinctement les arrachements de métal ainsi que l'usure à l'endroit de contact avec le ressort (entouré en jaune).

La section n'est plus réellement rectangulaire ! La partie incurvée est en contact avec le stator.

Les 6 segments sont dans le même état.

L'usure est telle que les rotors ont dépassé la limite de réparation.

Sur ce même moteur les stators sont dans un état de fraîcheur étonnant, tandis que les flaques présentent une usure importante

 

Conclusion:

Ces moteurs peuvent effectivement être fortement endommagés tout en continuant de fonctionner. Mesurer les compressions est le seul moyen de vérifier l'état du moteur et limiter les dégâts. Pour cela il faut disposer de l'appareillage spécifique.
Beaucoup de garages Mazda ( Hélas ... ) ne le possède pas.